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22 octobre 2007 1 22 /10 /octobre /2007 12:19
Décembre 2005 : l’entreprise qui me recrute est en pleine restructuration
Une nouvelle direction s’impose avec des objectifs serrés en termes de rendements et de chiffre d’affaire à atteindre. En hôtellerie, la concurrence est rude, surtout au bord du Lac Léman, en Suisse. Le taux d’occupation de l’hôtel qui m’emploie est au plus bas et il s’agit de redresser la situation.
Pour ce faire, la direction n’hésite pas à entamer une vague de licenciements. Des postes sont supprimés et certaines fonctions en place se voient confier des responsabilités supplémentaires. Ainsi, l’entreprise économise des salaires ! Elle pratique la politique du 2 en 1 ; je dirai même plus, du 3 en 1 voire du 4 en 1…certains collaborateurs ont déjà écopé de cette restructuration et ont choisi de quitter l’entreprise à force de s’être sentis pressés comme des citrons.
 
Quand bien même, je me retrouve Responsable Marketing avec un cahier des charges théoriquement clair. Et puis je souhaite faire mes preuves et me faire ma propre opinion. Je veux me protéger de toute influence et stress ambiant négatifs.
Aussitôt le pied à l’étrier, j’apporte entière satisfaction à mes supérieurs dans l’exécution et la qualité des tâches qu’ils me confient. Ceux-ci en profitent (c’est le cas de le dire !) pour me déléguer des responsabilités supplémentaires qui n’ont aucun lien direct avec la spécificité de ma fonction. Je me retrouve avec des tâches de secrétariat de direction et avec la gestion des stocks de papiers à l’effigie de la société.
Je n’ai ni assistante, ni stagiaire afin de pouvoir mener à bien l’essentiel de mes objectifs.
A chaque niveau et à chaque poste, les autres collaborateurs croulent sous la surcharge de travail qui leur est imposé. Je ne trouve donc aucun moyen d’être aidée par des collègues travaillant dans des services annexes.
 
Je constate vite un cahier des charges abusif avec une quantité de travail excessive, un alourdissement des responsabilités, des moyens limités. Mes supérieurs sont exigeants et ne m’épargnent pas en m’infligeant des délais de réalisation et d’atteinte d’objectifs très courts. Et ces délais sont d’autant plus courts que je n’ai pas le staff, ni le temps et les moyens escomptés pour les réaliser normalement.
Je ne trouve aucun temps de répit. A peine ai-je terminé de remplir mes objectifs que je dois rempiler sur la conduite de nouvelles missions.
Je travaille sous le sceau quotidien du stress et du surmenage. Une folie, d’autant plus que j’ai 1 heure de trajet à parcourir pour me rendre à mon travail, soit 2h aller-retour, tous les jours.
Mes journées sont très longues, trop longues, compte tenu de la lourdeur de ma situation professionnelle. Je me lève à 5h30 du matin pour être prête à partir à 7h00 et être sur mon lieu de travail à 8h00. J’ai ¾ d’heure de pose dans la journée que je prends sans mal. Je termine souvent à 18h30 voire 19h00, ce qui m’amène à être chez moi vers 20H00. 
Pour couronner le tout, je subis le déménagement de mon bureau à deux reprises pour cause de rénovation: je ne m'y retrouve plus, je suis littéralement perdue....je perds pieds!
 
Je n’en peux plus. Mon être entier est en souffrance.
Je n’accepte plus de telles conditions de travail.
Je communique à ma hiérarchie mon mécontentement sur la structure organisationnelle défaillante de mon département qui se caractérise, entre autres, par le biais de l’ambiguïté de mon rôle et de ses fonctions ; rien n’y fera !
Je suis alors envahie par le sentiment profond d’injustice et de lassitude, à force de m’investir dans mon travail sans recevoir une marque de considération, ni de compensations financières adéquates de la part de ma hiérarchie.
 
Je me sens piégée : la peur de me retrouver sans travail me fragilise et ne me rassure pas.
 
Je ne me démonte pas. Je parviens à me faire aider par une agence de recrutement et de placement. Je puiserai encore dans mes réserves d’énergie pour me rendre à des entretiens….je n’en récolterai jamais le fruit, quand bien même positifs !

Fatiguée émotionnellement, psychologiquement et physiquement, je tombe dans un épuisement professionnel aggravant :
Avril 2006 : cette fois, je suis en arrêt maladie ! Mon corps a lâché !
 
 

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Published by Steph-Anne - dans Mon témoignage
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Burn-Out: Témoignage

  • : Témoignage d'un Burn-Out confirmé et d'une Renaissance à la Vie
  • : Au mois d'avril 2006, à 34 ans, j'ai été victime d'un Burn-Out professionnel complet. Aujourd'hui, j'en suis sortie, avec le sentiment de vivre une vraie renaissance à la vie: le souffle de la deuxième chance! C'est dans cette perspective que j'ai créé ce blog, afin de livrer un message d'espoir pour ceux et celles qui sont victimes de l'épuisement professionnel: "Il y a une vie après le burn-out, pleine de surprises et de bienfaits!". Mon conseil: "Lâchez prise!".
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