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26 novembre 2007 1 26 /11 /novembre /2007 21:05

Le 11 avril 2006, l’arrêt maladie tombe. Ma tension a chuté à 9. Je me sens faible et je me retrouve subitement dans l’incapacité physique de toute action, surtout celle de reprendre les rennes du travail.

 

Mon médecin m’arrête pour une durée d’une semaine.

Au bout de la dite semaine, le repos n’a pas suffit à me requinquer et je ne parviens toujours pas à refaire surface. Au contraire, le corps continue son élan dans sa chute d’énergie vitale, avec le ressenti désagréable de vide profond, tel un abîme.

 

Mon arrêt se voit donc prolonger d’une semaine supplémentaire.

 

Je ne réalise pas bien ce qui m’arrive. Pour la première fois de ma vie, mon corps dicte sa loi, au mépris de la dynamique de mon état mental.

 

Je commence à souffrir d’arythmie cardiaque 15 jours après mon premier arrêt : l’organe de la vie m’échappe et me plonge dans une tristesse et une peur profondes. Je dors, je pleure, je subis des crises de nerfs et de tremblements.

 

Je rejette pourtant l’éventualité de faire face à une dépression. Je suis encore dans le déni : ça ne peut pas m’arriver. En fait, je vis plutôt mal le fait de me retrouver impuissante face à l’indifférence que me témoigne mon corps.

Mais pour moi, ceci n’a rien à voir avec une dépression, malgré les dires de mon médecin.

 

La situation s’aggravant, mon médecin prolonge l’arrêt d’un mois supplémentaire aux deux premières semaines initiales. Et ainsi de suite….

 

Les 3 premiers mois seront le spectacle d’une déconstruction complète de mon être tout entier ; je signifie : esprit, âme et corps ; je l’ai vécu comme une mort symbolique.

En d’autres termes, je dirai que les manifestations physiques d’épuisement de mon corps n’ont pu qu’aboutir à une dépression.

Elle s’est abattue sur moi, telle une déferlante. Un vrai Tsunami : ce qui était, n’est plus !

 

« Au fond de ma chaire, je vivrai cette expérience comme un bateau qui s’est retrouvé échoué sur les rochers, fracassé par la violence de la tempête. »

 

A cet épisode d’anéantissement, s’ensuit la grève de la faim : mon corps refuse à présent toute nourriture que je tente d’avaler. Il ne coopère plus et se laisse aller à l’abandon : un vrai suicide du corps !

C’est à ce moment précis, soit au bout de 6 semaines d’arrêt, que je m’inquiète de mon sort et que j’accepte de prendre des anti-dépresseurs ainsi que des anxiolytiques. Je rentre dans une phase d’acceptation et je finis par admettre que je suis en dépression, que j’ai besoin d’aide, que j’ai besoin d’être soignée.

 


Je mettrai 18 mois à remonter la pente, dont 13 mois de récupération et de reconstruction physiques, complétés de 10 mois de reconstruction psychologique.

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Published by Steph-Anne - dans Mon témoignage
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Burn-Out: Témoignage

  • : Témoignage d'un Burn-Out confirmé et d'une Renaissance à la Vie
  • : Au mois d'avril 2006, à 34 ans, j'ai été victime d'un Burn-Out professionnel complet. Aujourd'hui, j'en suis sortie, avec le sentiment de vivre une vraie renaissance à la vie: le souffle de la deuxième chance! C'est dans cette perspective que j'ai créé ce blog, afin de livrer un message d'espoir pour ceux et celles qui sont victimes de l'épuisement professionnel: "Il y a une vie après le burn-out, pleine de surprises et de bienfaits!". Mon conseil: "Lâchez prise!".
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