Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
27 novembre 2007 2 27 /11 /novembre /2007 14:15

Très tôt, voilà une notion qui n’a pas du tout fait partie intégrante de mon hygiène de vie, de mon art de vivre, de mes valeurs.

 

Quand tout devient possible à force de mérite et de persévérance, à la sueur du front, sans en être affectée physiquement, alors on ne se pose pas de questions sur ses limites.

 

Je me croyais increvable. J’ai une bonne santé ; mon corps s’adapte et récupère ; alors je continue à me donner à fond dans mes projets.

 

La quête du résultat et du succès dans toutes mes entreprises a été plus forte que de me soucier alors de toute l’énergie que je mobilisais pour y arriver.

 

J’ai toujours été dans la productivité et dans l’état d’esprit qui m’engage à être efficace et à mener à bien toutes missions qui m’étaient confiées.

 

Un tel comportement de perfectionniste et de dévouement s’est traduit sur mon lieu de travail de la façon suivante :

 

-         heures supplémentaires

-         tendance à beaucoup assumer et à me lancer dans l’action pour m’assurer que les tâches soient bien accomplies

-         l’action est menée de façon consciencieuse, énergique et responsable avec un fond de rigueur que je sais mettre en œuvre.

 

Mais la limite, je n’ai jamais su la poser.

 

J’ai beaucoup fait ; j’ai été celle qui décide et qui résout, à la grande satisfaction de mes supérieurs qui n’ont jamais hésité à m’en demander davantage. Je les comprends !!C’est ainsi que je suis entrée dans une spirale d’évolution devenue insupportable, faute de ne pas avoir su m’imposer des limites. Un vrai petit soldat !

 

« Où est la limite entre ce que je trouve normale d’accepter et ce que je trouve normal de refuser ? »

Savoir dire « non » et me faire respecter ne m’a jamais effleurée tant j’étais dans la volonté de tout accomplir et de satisfaire ainsi une reconnaissance tant recherchée.

 

Eh oui, le voilà le mot de tous mes maux : la reconnaissance !

 

Très tôt, on m’a fait comprendre que quoi que je fasse, quelle que soit ma réussite et quels que soient mes choix de vie et d’investissement professionnel, je ne serai jamais assez digne d’être reconnue. Inconsciemment, je comprenais que la reconnaissance était inaccessible ; il n’y avait donc pas de limites, ni de mal, à vouloir tout mettre en œuvre pour l’atteindre !

 

En même temps, j’avoue que mon profil de perfectionniste à être dans le « toujours plus, le toujours mieux » a aboutit à un comportement de dépendance au travail. Une mission réussie me grisait et pansait la plaie béante d’une éducation rigide et peu bienveillante. Cette sensation de réussite qui me valait le respect et la confiance de mes supérieurs m’a beaucoup portée. Mais elle n’a pas suffit à réparer le traumatisme de l’éducation, à mon plus grand désarroi !

 

Le burn-out en a été le grand révélateur. 18 mois d’arrêt m’ont permis de faire un profond retour sur moi-même et de comprendre.

 

Aujourd’hui, j’apprends toujours à me défaire de vieux mécanismes qui m’ont ancrée dans l’excellence, dans l’urgence et dans la productivité.

 

Désormais, j’apprends :

-         à respirer

-         à prendre le temps

-         à remettre au lendemain ce que je n’ai pas eu le temps de faire dans le temps que je me suis fixée

-         à me poser des limites

-          à  me contenter de ce que j’ai entrepris au quotidien

-         à vivre dans l’ici et maintenant

-         à lâcher-prise, à ne pas contrôler  

J'apprends à ralentir mon rythme. Le rythme, c'est la durée; la durée, c'est la santé!

 

Je l’écris, mais je peux vous dire que ça n’est pas facile à mettre en pratique. C’est pour cela que je me suis faite aidée par un psychothérapeute afin d’être remise sur le droit chemin dès qu’une récidive se présente. 

Ce qui compte, ce n'est pas le résultat mais le chemin que l'on prend pour y arriver!
  


"Oublier que notre grande limite est la mort, qu’elle constitue la fin inéluctable et que tous nos efforts ne peuvent que participer à la repousser, c’est  déjà faire un pas vers l’ignorance des limites de notre humanité.

Ignorer ses limites, ne pas savoir quand et comment s’arrêter, est un danger qui nous contraint au total plus qu’il ne nous libère". Dr. François Baumann

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Steph-Anne - dans Mon témoignage
commenter cet article

commentaires

karine 27/11/2007 20:29

Salut Steph-Anne,Je ne raconterai pas mon histoire aujourd'hui mais en bref je suis en arrêt de travail depuis 3 mois pour burn out. Je tenais a te dire que je me reconnais dans ton expérience. Surtout dans le fait de réaliser que tant qu'a avoir autant d'énergie et de bonne volonté (ça ve revenir en ce qui concerne l'énergie j'espère) aussi bien l'investir dans un domaine qui fera évoluer le monde qu'a enrichir les poches de quelqu'uns.Merci de consacrer ce temps pour des gens qui comme toi on besoin d'entendre qu'ils ne sont pas seul dans leur situation. J'ai exploré ton site de long en large  et je n'avais encore rien vu d'aussi personnel sur le net. C'est génial. Karine de Montréal

Steph-Anne 28/11/2007 11:08

Bonjour Karine,et merci pour ta petite note d'encouragement. Je suis certaine que le Canada t'a bien entourée et mieux conseillée dans cette période de mal-être à laquelle tu fais face aujourd'hui. J'aurais plaisir à te lire à nouveau.Bon rétablissement à toi!En toute sincérité et avec toute ma sympathie.Steph-Anne

Burn-Out: Témoignage

  • : Témoignage d'un Burn-Out confirmé et d'une Renaissance à la Vie
  • : Au mois d'avril 2006, à 34 ans, j'ai été victime d'un Burn-Out professionnel complet. Aujourd'hui, j'en suis sortie, avec le sentiment de vivre une vraie renaissance à la vie: le souffle de la deuxième chance! C'est dans cette perspective que j'ai créé ce blog, afin de livrer un message d'espoir pour ceux et celles qui sont victimes de l'épuisement professionnel: "Il y a une vie après le burn-out, pleine de surprises et de bienfaits!". Mon conseil: "Lâchez prise!".
  • Contact

Burn-out Conférences

Rechercher

Best-Seller en Suisse