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5 décembre 2007 3 05 /12 /décembre /2007 20:38

J’ai toujours pensé que le relationnel, en entreprise, est bien plus difficile à gérer que les fonctions et missions incombant à son poste.

 

Il y a des comportements à adopter, des remarques ou sous-entendus à capter et à comprendre, des règles à respecter.

 

Plus on monte dans la hiérarchie, plus on est amené à parcourir un chemin jonché d’orties ou d’autres mauvaises herbes et quelquefois, de fosses cachées. Et quand on est parvenu à braver tous ces leurres, il n’est pas rare de quand même se retrouver dans une impasse !

 

J’ai souvent entendu dire qu’un cadre passe 80% de son temps à garder sa place….le reste de son énergie, s’il lui en reste, il peut la consacrer à son travail et à ses objectifs.

 

Eh bien voici le récit d’une de mes expériences qui illustre parfaitement mon « à propos ».

 

En 2004, alors que je recherchais un poste d’Assistante Commerciale en hôtellerie (mon rêve d’alors), je fus contactée par une grande enseigne suisse.

J’ai rencontré le Directeur des Ressources Humaines et la personne Responsable du département des Ventes.

Au cours des deux entretiens, on m’a tout de suite fait comprendre que l’on avait besoin d’une personne structurée, capable d’initiatives et de créativité afin de remettre de l’ordre dans l’organisation administrative du département.

Cette mission première que l’on me présentait correspondait exactement à mon profil et à mes atouts : rigueur, organisation, créativité, sens du contact, bilingue.

J’ai convaincu mes interlocuteurs avec succès et je fus choisie en tant que Coordinatrice commerciale pour remplir cette mission, entre autres.

 

Nous étions 3 personnes au sein du département :

-         une secrétaire en vente et marketing

-         une coordinatrice commerciale (moi)

-         une responsable de département

 

Au bout de 10 mois d’exercice et d’accomplissement, je me suis retrouvée face « aux premières orties », qui prendront la forme d'un conflit de rôle et qui déboucheront sur du harcèlement moral. Je finirai par me retrouver dans une impasse.


Résumé de la situation, comme suit :

 

A l’origine :

 

Un dossier litigieux, dans lequel la responsable n’a pas voulu se reconnaître, ce qui m’a amenée à prendre des initiatives en son lieu et place. Ceci a été l’élément qui a poussé ma supérieure à me marginaliser et à me déstabiliser pour me faire partir.

 

Pour quelle raison :

 

Mon professionnalisme, mon succès dans mes initiatives et diverses opérations relationnelles avec les clients dérangent ma supérieure et l’inquiète, dans la mesure où elles sont le miroir de certaines de ses faiblesses, en particulier en terme de management et d’animation d’une équipe.

Ma conscience professionnelle et mon sens de l’intérêt de la société ne sont pas toujours en adéquation avec un certain confort dans le travail que recherche ma supérieure, ni avec certaines lacunes dans ses compétences de manager.

 

Pour me pousser vers la porte de sortie, toutes les méthodes sont bonnes :

 
Ma supérieure délèguera systématiquement à la secrétaire du département pour m’isoler, en infraction complète avec la teneur de mon contrat de travail et les tâches qu’il impliquait. Ma compétence professionnelle ne peut être invoquée pour une telle initiative dont ma supérieure porte l’entière responsabilité.

 

La secrétaire refusera que je la supervise et ne communiquera qu’avec ma supérieure.  La secrétaire ne pourra que se complaire dans une telle situation qui lui permet de développer ses talents d’intrigante et d’arriviste. Il est regrettable de constater que la hiérarchie figurant dans un organigramme puisse ainsi être détournée selon l’humeur du responsable, au détriment de l’intérêt de la société et de la déontologie la plus élémentaire, sans qu’il ait à en rendre compte au niveau supérieur.

 

J’aurai ainsi mes deux collègues qui agissent contre moi. Face à l’une ou l’autre séparément, je n’ai pas de mal à m’imposer. Dès qu’elles sont ensembles, elles agissent  odieusement et lâchement.

 

Au-delà du contexte purement professionnel, mes deux collègues sont des personnes sans scrupule et d’un naturel envieux. Ma supérieure est très complexée dans son identité de femme qui, ajouté à une certaine faiblesse dans le domaine professionnel par rapport à ses ambitions, l’amène tout simplement à être odieuse et manipulatrice. Toute allusion à la notion de Déontologie est parfaitement incongrue.

 

Depuis quand ?

 
Des prémisses après ma période d’essai et puis de façon insistante, insidieuse et pernicieuse.

 
Comment qualifie-t-on un tel agissement en entreprise ?

 
Du harcèlement moral

C’est la somme d’un ensemble de petits agissements, d’attitudes subtiles donc difficiles à repérer et qui, par leur répétition, portent atteinte à la santé (physique ou psychologique) de quelqu’un ou à sa dignité. Pris séparément, ces agissements ne sont pas forcément graves mais c’est leur systématisation qui fait qu’on parlera de harcèlement moral.

Aux yeux de la loi, un seul élément ne suffit pas à prouver le harcèlement ; c’est l’ensemble des faits qui reviennent systématiquement qui doivent être pris en compte.

 

Comment se défendre :

 

Je déduirai de l’attitude de mes collègues l’existence d’un complot contre moi et je déciderai de m’adresser au Directeur Commercial, afin de lui signaler la situation.

Le Directeur Commercial en parlera à ma supérieure directe, sans aucun résultat quant à un changement de comportement.

Ma supérieure s’entretiendra avec moi et je n’hésiterai pas à lui expliquer que j’ai compris ses agissements et qu’une telle attitude ne me convient pas et n’est pas digne d’un responsable de service.

Elle s’avère de mauvaise foi et essayera de retourner la situation à son avantage en me mettant les torts de la façon suivante : Je prends mal les choses et surtout, je les interprète mal.

 

 J’ai donc pris les grands moyens pour me protéger. J’ai dû trouver une solution et pousser la Direction des Ressources Humaines à m’appuyer pour que le déroulement de mon départ de l’entreprise se fasse à l’amiable. J’ai dû me mettre en arrêt maladie et en profiter pour faire une recherche active d’un autre emploi.

 

J’ai ainsi réussi à partir et à décrocher un poste à responsabilités, mieux rémunéré.  En ce sens, c’était une belle façon d’être reconnue et de me sentir plus forte. En effet, ma supérieure avait fait obstruction à une promotion que la DRH me proposait. Cette promotion m'est passée sous le nez avec l'excuse suivante: "Il y a trop de jalousies dans votre département!". Il faut le vivre pour y croire: c'est absolument de l'ordre du dérisoire!
A toutes ces mascarades et autres mesquineries, je n’ai pas tenu le coup : c’est très déstabilisant ! A la longue, fuir devient épuisant, même si c’est pour son salut !

 

En vain, la triste réalité de la jalousie au travail avait bien entamé mes réserves d’énergies émotionnelle et psychologique : trop de désillusions et de surmenage, le tout alourdi par du harcèlement moral, m’ont conduite au burn-out, alors que je reprenais les rennes d'un poste dans une autre entreprise.

 

De toute cette expérience, le plus marquant a été de réaliser que, même en ayant signalé cet abus, après plus d'un an d'ancienneté, de loyaux et fructueux services, je me suis retrouvée seule, force de constater la lâcheté de la Direction Générale et des Ressources Humaines : un bel exemple d’Humanité dans le travail !!

 

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Published by Steph-Anne - dans Mon témoignage
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commentaires

Sabrina 14/05/2014 10:28


C'est impressionnant de constater comment le mécanisme de harcèlement est similaire avec ce que j'ai vécu. je ne l'ai pas décrit de la même façon mais je me retrouve complètement dans votre
témoignage : l'énergie, l'ambition, la force et la joie de travailler, qui se transforme malgré soi en rivalité avec d'autres qui ne partagent pas du tout les mêmes valeurs, puis finalement en
usure morale et en isolement totalement injuste. en effet, la protection d'intérêt personnel de la part de suérieurs qui font alliance pour cela avec des membres de l'équipe à coordonner est je
crois un mécanisme relativement imparable pour le cadre intermédiaire qui se retrouve à la fois entre les deux (supérieur et équipe) et en dehors du système. moi aussi, j'avais vissée au corps la
notion de l'intérêt d'entreprise au-delà du confort personnel. Dans mon cas aussi la DRH a été en dessous de tout... Quand je me suis retrouvée en arrêt maladie, on m'a résumé la situation par
ces mots : "les grands loups ne se mangent pas entre eux!"


Sabrina (interlignes.fr)

Jean-Philippe 14/12/2007 12:42

Bonjour,J'ai géré jusqu'environ 80 personnes dans mes dernières fonctions en entreprise - je suis aujourd'hui à mon compte, en profession libérale - et, en fait, les années m'ont formées à cette gestion humaine ; après quelques erreurs, je me suis rendu compte qu'il s'agissait bien évidemment de gérer le travail technique effectif - dans mon cas des cadres commerciaux - donc de la vente - des personnels de service et d'accueil - de la formation et du contrôle - des personnels techniques - du budget - mais aussi, et principalement - d'être à l'écoute de tous soucis purement humain ; problèmes familiaux, d'argent, de relations avec un collègue, ...Bref : être vraiment et concrètement à l'écoute, sans jamais occulter le fait qu'un responsable de service gère...des êtres humains...

marion 14/12/2007 09:22

Bonjour Steph AnneJe voulais te dire que j'ai adoré ton site, il est très enrichissant et reflète très bien le problème du burn out.Je me permets de te recommander aussi un livre qui est très bien fait et qui pourrait t'éclairer également : Renaître après la dépression de Marie Louise Pierson. Je te souhaite un bon rétablissement.  (il faut toujours se dire que c'est dans les moments difficiles qu'on s'enrichit le plus).Bonne continuation à toips: (serait il possible d'opter pour une écriture plus grosse sur ton blog?)Marion

E 11/12/2007 18:22

votre adresse mail sur le blog semble non fonctionnelle ?sinon, félicitations pour ce blog sur un sujet délicat et méconnu...E.

Burn-Out: Témoignage

  • : Témoignage d'un Burn-Out confirmé et d'une Renaissance à la Vie
  • : Au mois d'avril 2006, à 34 ans, j'ai été victime d'un Burn-Out professionnel complet. Aujourd'hui, j'en suis sortie, avec le sentiment de vivre une vraie renaissance à la vie: le souffle de la deuxième chance! C'est dans cette perspective que j'ai créé ce blog, afin de livrer un message d'espoir pour ceux et celles qui sont victimes de l'épuisement professionnel: "Il y a une vie après le burn-out, pleine de surprises et de bienfaits!". Mon conseil: "Lâchez prise!".
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