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16 janvier 2008 3 16 /01 /janvier /2008 10:31

1/L’entourage professionnel

 

Dans l’entreprise où je me suis trouvée face au harcèlement moral, j’avoue que je suis rentrée dans un processus de déshumanisation. Fatiguée émotionnellement et psychiquement, j’ai commencé à développer de l’agressivité à l’égard de mes deux collègues, complices et responsables. Cette agressivité, je l’ai essentiellement exprimé par de l’autoritarisme, seul moyen de m’imposer et ainsi de me forger une carapace. En même temps, cette façon de réagir m’a protégée et a caché une extrême sensibilité, accrue d’une révolte émotionnelle.

 

De cette façon, mes deux bourreaux n’auront jamais su le mal qu’elles m’infligeaient. Pas une seule seconde elles ont pu penser que mon comportement était le miroir même d’une souffrance psychologique.

 

Je n’ai eu aucune attention particulière, ni aucun soutien de la part de mes autres collègues, qui ont préféré jouer la carte de l’ignorance sur cette histoire là. Soudain, on est encore plus seule.

 

Dans l’entreprise suivante où je suis tombée en burn-out, je n’ai pas eu de comportement défaillant. Bien au contraire. Mon humeur s’inscrivait dans le contexte du changement, d’un nouvel entourage : je n’avais plus à faire face à mes deux ex-collègues, 8 heures par jour dans une pièce de 20 mètres carré.

Simplement, la surcharge de travail m’a rattrapée. Lorsque cette entreprise ne m’a plus vu revenir et réintégrer mon poste, elle a cru que je me jouais d’elle. En effet, mon comportement n’avait été en rien révélateur d’un quelconque malaise relationnel. J’avais suscité la sympathie de bon nombre de mes collègues de travail.

De plus, ça ne faisait que 2 mois que je m’évertuais à être confirmée sur ce poste à responsabilités.

 

La relation à la DRH s’est très bien passée. Il y a eu un vrai consensus autour du mal qui m’atteignait, même si c’était trop tard !

En même temps, avec du recul, je leur accorde le bénéfice du doute : en effet, ils n’ont jamais eu à leur connaissance les conditions dans lesquelles j’ai dû quitter mon poste de travail précédent.

 

2/L’entourage amicale

 

Je dirais plutôt que j’entretenais de bonnes relations avec certaines personnes. Les liens tissés avec elles étaient récents. Elles ont su être à l’écoute et me conseiller ; elles ont vu ma souffrance mais elles n’ont pas été réceptives à l’intensité de ma détresse. Etait-ce par impuissance ? Se sentaient-elles dépitées face à cette histoire là ? Se protégeaient-elles ?

 

Je reconnais que mon cas relevait plus d’une aide psychologique. Ce rôle ne pouvait en aucun cas être relayée à la bonne attention de mes bonnes connaissances. J’avais besoin d’un spécialiste : ce que j’exprimais était déjà beaucoup trop lourd pour moi à gérer. Comment en aurait-il pu être autrement pour des amis ? Je ne peux pas leur en vouloir. Ils ont été présents. Ils m’ont tenu la main. Ils ont reconnu mon drame. C’est déjà beaucoup.

 

3/L’entourage familiale

 


Ce sont les premiers qui se sont sentis dépassés parla gravité de mon état de santé.

Je me souviens de leur réaction au lendemain de ma chute :

 

« C’est fou le décalage qu’il y a entre ton mal-être et ce que tu parais ! On n’a pas l’impression que tu es épuisée ; tu as l’air bien….ton visage n’est pas marqué ! ».

 

Eh oui ! C’est le propre du burn-out ! On parait sous un jour où il est difficile pour l’autre d’avoir quelque soupçon sur la brûlure de notre âme.

Et pourtant, intérieurement, j’étais anéantie ; je me vidais du souffle de la vie. J’avais l’impression que chaque cellule de mon corps faillissait sous l’intensité des flammes incendiaires de l’épuisement….Une vraie souffrance physique.

 

Mes parents et mes sœurs s’en sont trouvés désarmés :

« Mais qu’est-ce qu’elle a !!?? » ; « Qu’est ce qui se passe ??!! ».

 

Autant connaissaient-ils les ravages d’une dépression. Mais mon cas leur a posé problème.

 

Mon père a résumé la situation ainsi :

« Tu es allée trop loin. Tu rentres en hibernation ; ton corps a besoin de récupérer…c’est normal. Reposes toi….ce n’est pas grave ; ça ira mieux dans quelques temps ! ».

 

Ma sœur : « Je te connais, tu n’es pas dépressive ! Il y a quelque chose d’autre : fais des examens complémentaires, tu as peut-être une maladie ! Ton état n’est pas normal ! ».

 

Ma mère : « J’ai l’impression que tu fais une grave dépression….mais je ne sais plus quoi penser ; qu’est-ce qu’il te dit ton médecin ? ».

 

Les pauvres : que ça a dû être difficile pour eux. C’est la première fois que j’ai pu lire la tristesse et la douleur dans le regard de mes parents. Ils se sont faits tellement de soucis, faute d’impuissance.

Mes sœurs ont assisté à la chute de « l’exemple de la famille ». Elles en ont été totalement désabusées et soucieuses à la fois.

 

Le Burn-out, c’est aussi déroutant pour la victime que pour son entourage, qu’il soit professionnel, amical ou familial.

 

Je tiens à dire que le burnout remet en cause la structure d’une entreprise, tout comme elle chamboule une cohésion familiale à juste titre.

 

Il est essentiel d’être très bien entouré, d’être bien conseillé et surtout d’être écouté et reconnu dans son mal : celui d’être en burn-out.

 

 

Le Burn-out est une maladie ; ça existe et il faut en parler !

 

 

 

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Published by Steph-Anne - dans Mon témoignage
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commentaires

lili 20/08/2010 17:21



 Bonjour, ma mère subit un burn-out depuis plus d'un an maintenant et je ne sais pas quoi faire pour l'aider, j'essaye de l'écouter, de la soutenir, de lui parler mais rien n'y fait, son
état ne s'améliore pas, je sais pas quoi faire alors si vous avez une idée vous qui avez subit cette maladie aussi, je suis preneuse. Je me sens tellement démunie face à son maletre!


merc i



Burn-Out: Témoignage

  • : Témoignage d'un Burn-Out confirmé et d'une Renaissance à la Vie
  • : Au mois d'avril 2006, à 34 ans, j'ai été victime d'un Burn-Out professionnel complet. Aujourd'hui, j'en suis sortie, avec le sentiment de vivre une vraie renaissance à la vie: le souffle de la deuxième chance! C'est dans cette perspective que j'ai créé ce blog, afin de livrer un message d'espoir pour ceux et celles qui sont victimes de l'épuisement professionnel: "Il y a une vie après le burn-out, pleine de surprises et de bienfaits!". Mon conseil: "Lâchez prise!".
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